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Risque lié à l'établissement stable dans le cadre du télétravail à l'étranger

Table des matières

Le télétravail à l’étranger peut entraîner un risque d’établissement stable pour une entreprise, même si celle-ci ne dispose d’aucun bureau, succursale ou filiale officielle dans le pays de l’employé. La question essentielle est de savoir si l’activité à l’étranger crée une présence imposable suffisante au regard de la législation locale et de toute convention fiscale applicable. Pour les entreprises britanniques, cela signifie qu’un accord de travail à l’étranger doit être examiné non seulement sous l’angle de la paie ou de l’emploi, mais également au regard de ses conséquences en matière d’impôt sur les sociétés, de conventions fiscales et d’attribution des bénéfices.

Pourquoi le risque lié à l'établissement stable est-il important pour les télétravailleurs ?

Un établissement stable, ou « PE » (Permanent Establishment), désigne, de manière générale, la présence imposable d'une entreprise sur le territoire d'une autre juridiction. Selon les principes des conventions fiscales, les deux cas de figure les plus souvent pertinents en matière de télétravail sont ceux de l'établissement stable sous forme de « lieu d'activité fixe » et de l'établissement stable sous forme d'« agent dépendant ».

Un bureau à domicile peut être pris en compte. Une entreprise n’est pas nécessairement tenue de louer des locaux à l’étranger. Le domicile d’un salarié ou tout autre lieu de travail habituel peut être pris en compte dans l’analyse si l’activité y est exercée et si le degré requis de permanence et de lien avec l’entreprise est avéré.

Le poste occupé par le salarié a son importance. Un salarié débutant chargé de tâches internes courantes peut présenter un profil de risque différent de celui d’un cadre supérieur, d’un commercial ou d’un responsable du développement commercial qui gère la relation client, négocie des conditions commerciales ou contribue à la conclusion de contrats.

Il convient d'examiner l'ensemble des éléments. La durée, la régularité, les attentes de l'employeur, la nature du travail et la raison commerciale justifiant la présence du salarié dans ce pays sont autant de facteurs susceptibles d'influencer la décision finale.

Manuel international du HMRC sur les établissements stables distingue également un établissement stable d’un mandataire dépendant. Pour les périodes d’imposition commençant le 1er janvier 2026 ou après cette date, la législation nationale britannique a également été mise à jour afin que le critère de l’agent dépendant puisse inclure une personne qui conclut habituellement des contrats, ou qui joue habituellement le rôle principal conduisant à la conclusion de contrats qui sont systématiquement conclus sans modification substantielle par la société.

Quels changements l'OCDE a-t-elle apportés à son approche du télétravail transfrontalier ?

En novembre 2025, l'OCDE a approuvé une mise à jour du Modèle de convention fiscale, qui ajoute des commentaires détaillés sur le travail transfrontalier effectué depuis le domicile ou tout autre lieu pertinent. Cette clarification est particulièrement utile pour les employeurs qui autorisent leurs salariés à travailler une partie de l'année depuis un autre pays.

Le fait de travailler à l'étranger ne donne pas automatiquement lieu à la création d'un établissement stable. L'OCDE précise que le simple fait qu'une personne travaille pour une entreprise depuis son domicile à l'étranger ne signifie pas, en soi, que ce domicile constitue un établissement de cette entreprise.

Le fait que le temps de travail y soit inférieur à la moitié constitue un indicateur important. Selon une règle générale énoncée par l’OCDE, le fait de travailler depuis un domicile situé dans un autre pays pendant moins de 50% du temps de travail total ne suffirait pas, à lui seul, à considérer ce domicile comme un établissement.

Au-delà de ce seuil, les raisons commerciales restent déterminantes. Même lorsqu’un salarié effectue 50% ou plus de son temps de travail total depuis un site à l’étranger, l’analyse ne s’arrête pas là. L’OCDE précise que l’existence d’une raison commerciale justifiant l’exercice de l’activité de l’entreprise depuis ce pays constitue un facteur important.

Ces orientations peuvent réduire l'incertitude concernant les montages hybrides courants, motivés principalement par des préférences personnelles. Elles ne constituent toutefois pas une clause de sauvegarde universelle. Les entreprises doivent toujours vérifier le traité concerné, le droit national applicable et les éléments factuels du montage.

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Risque lié à l'établissement stable : critères du lieu fixe et de l'agent dépendant

Dans les cas de télétravail, l’examen du risque lié à l’établissement stable commence généralement par deux questions : existe-t-il un lieu fixe à partir duquel l’activité est exercée, et le pouvoir de décision ou l’activité commerciale du salarié donne-t-il lieu à un établissement stable de type « agence » ?

Zone à risqueQuestions à poserExemples de faits présentant un risque plus élevé
Établissement fixeLe lieu est-il suffisamment fixe et utilisé pour l'exercice de l'activité de l'entreprise ?Utilisation régulière et à long terme, présence exigée par l’employeur, activité professionnelle liée à ce pays
Agent subordonnéCette personne a-t-elle pour habitude de conclure des contrats ou de jouer un rôle prépondérant dans leur conclusion ?Poste de responsable commercial, négociations récurrentes, contrats systématiquement approuvés sans modification substantielle
Nature de l'activitéCes activités relèvent-elles du cœur de métier de l'entreprise plutôt que d'avoir un caractère préparatoire ou accessoire ?Activités génératrices de chiffre d'affaires, gestion, relations avec les clients clés
Répartition des bénéficesSi une entreprise privée existe, quel bénéfice lui est imputable ?Fonctions, actifs ou risques importants liés à l'activité à l'étranger

L'existence d'un lieu fixe ne constitue qu'un élément parmi d'autres de l'appréciation. Les directives du HMRC précisent qu'un établissement stable requiert généralement un lieu géographique, un certain degré de permanence et l'exercice d'une activité commerciale par son intermédiaire.

Les activités contractuelles peuvent constituer un risque distinct. Une entreprise peut se trouver confrontée à un problème de présence économique (PE) lié à un agent dépendant, même en l’absence de siège social fixe. Cela vaut tout particulièrement pour les salariés qui jouent un rôle central dans la négociation ou la conclusion de contrats.

Les activités préparatoires ou auxiliaires peuvent être exclues. Selon les règles applicables, certaines activités de soutien limitées peuvent ne pas entrer dans la définition d'un établissement stable, mais la nature de l'activité doit être évaluée au regard de l'activité dans son ensemble.

Pour les entreprises qui souhaitent faire le point sur la situation au Royaume-Uni, l'article de WellTax sur Modifications fiscales au Royaume-Uni concernant les prix de transfert, les établissements stables et l'impôt sur les bénéfices détournés fournit des informations contextuelles utiles à ce sujet.

Que se passe-t-il s'il existe un établissement stable à l'étranger ?

Lorsqu'un établissement stable est créé, la question ne se limite plus à l'identification d'une présence imposable, mais porte également sur la détermination des obligations de conformité et des conséquences fiscales qui en découlent. Le risque lié à l'établissement stable comporte donc à la fois un seuil juridique et un coût opérationnel.

Des obligations fiscales peuvent s'appliquer en matière d'impôt sur les sociétés à l'étranger. Selon la juridiction concernée, la société peut être tenue de s'enregistrer, de déposer des déclarations fiscales locales et de s'acquitter de l'impôt sur les bénéfices imputables à l'établissement stable.

L'imputation des bénéfices revêt une importance capitale. Le montant imposable dans le pays étranger ne correspond pas nécessairement au salaire du salarié ni au chiffre d'affaires de l'ensemble de l'entreprise. L'analyse porte généralement sur les fonctions exercées, les actifs utilisés et les risques assumés dans le cadre de l'établissement stable.

Il convient de gérer la double imposition. L'État d'origine pouvant également imposer les bénéfices de la société, il convient d'examiner la convention fiscale applicable ainsi que les règles nationales en matière d'allègement fiscal afin de déterminer si un crédit d'impôt ou tout autre allègement est disponible.

L'analyse de l'évaluation de l'entreprise (PE) doit également être distinguée des retenues à la source sur les salaires, de la sécurité sociale, du droit de l'immigration et du droit du travail. Ces domaines peuvent se recouper dans la pratique, mais ils sont régis par des règles différentes et peuvent aboutir à des résultats différents.

Comment les entreprises peuvent-elles gérer le risque lié à l'établissement stable ?

Le moment le plus propice pour évaluer le risque lié à un établissement stable est avant que le salarié ne commence à travailler à l'étranger. Un processus d'approbation structuré fournit aux équipes fiscales, financières et des ressources humaines suffisamment d'informations pour identifier à un stade précoce les situations présentant un risque plus élevé.

Obligation de déclaration préalable et d'autorisation. Les salariés doivent indiquer le pays de destination, les dates prévues, les modalités de travail et le motif de leur mission à l'étranger avant le début de celle-ci.

Il faut évaluer le rôle, et pas seulement le nombre de jours. Les entreprises doivent déterminer si le salarié encadre du personnel, développe des marchés, négocie avec les clients, signe des contrats ou joue un rôle essentiel dans leur obtention.

Consignez les faits commerciaux. L'employeur doit préciser si la présence à l'étranger est imposée par l'activité de l'entreprise ou si elle répond principalement à la volonté du salarié, si l'entreprise met à disposition ou prend en charge les frais liés à l'espace de travail, et si des clients ou des fournisseurs sont liés à ce lieu.

Un examen pratique préalable à l'approbation devrait porter sur les points suivants :

  1. le pays et la durée prévue de la mission à l'étranger ;
  2. les fonctions de l'employé, son ancienneté et l'autorité contractante ;
  3. la part du temps de travail qui devrait être consacrée au site à l'étranger ;
  4. les tests PE « lieu fixe » et « agent dépendant » ;
  5. les obligations en matière d'enregistrement fiscal des entreprises et d'affectation des bénéfices ;
  6. les aspects liés à la gestion des salaires, à la sécurité sociale, à l'immigration et au droit du travail ; et
  7. la convention fiscale applicable en matière de double imposition et la réglementation nationale en vigueur.

Pour les entreprises en phase d'expansion ou opérant à l'international, WellTax propose Guide sur le conseil fiscal international dans le cadre d'une expansion transfrontalière Cela explique également pourquoi les questions relatives à la structure de l'entreprise, à la résidence fiscale, aux prix de transfert et aux établissements stables doivent être examinées conjointement.

Dans quels cas faut-il envisager de faire appel à un professionnel ?

Les modalités de télétravail transfrontalier sont souvent faciles à gérer, mais la situation peut changer rapidement lorsqu'un poste devient plus élevé hiérarchiquement, que le travail à l'étranger devient régulier ou que le salarié commence à exercer des fonctions importantes sur le plan commercial.

Les postes de cadres supérieurs et ceux en contact direct avec la clientèle méritent d’être examinés de plus près. Les directeurs, les responsables commerciaux, les chargés du développement commercial et les autres collaborateurs qui ont une influence sur la conclusion de contrats peuvent présenter un risque sensiblement différent de celui des employés exerçant des fonctions de soutien en interne.

Il convient de réévaluer les tendances à long terme. Un arrangement qui, à l'origine, répondait à une demande personnelle ponctuelle peut finir par devenir une pratique professionnelle courante. Des examens périodiques permettent de vérifier si l'analyse initiale correspond toujours à la réalité.

Il convient de vérifier les dispositions des traités et du droit national. Le Modèle de l'OCDE a une grande influence, mais le résultat concret dépend du traité bilatéral applicable et des règles nationales des pays concernés.

WellTax accompagne les entreprises en leur proposant des services fiscaux et comptables au Royaume-Uni et aux Émirats arabes unis, ainsi que des conseils en fiscalité internationale, notamment en matière de structuration transfrontalière, d’applications des conventions fiscales et de prix de transfert. Pour les juridictions situées en dehors du Royaume-Uni et des Émirats arabes unis, il convient de solliciter les conseils fiscaux locaux auprès de conseillers locaux dûment qualifiés. Lorsque des salariés travaillent au-delà des frontières, un examen coordonné peut aider à identifier les questions relatives à l’impôt sur les sociétés avant qu’un accord de travail informel ne se transforme en une obligation de conformité inattendue.

Rédigé par Luca Marin, associé chez WellTax.

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